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En Mauritanie, la situation de la femme a connu
une nette amélioration au cours des deux
dernières décennies et son rôle
dans la société s'est vu renforcé. Les manifestations
de cette amélioration sont perceptibles dans plusieurs domaines
dont principalement l'éducation primaire, l'emploi, la participation
politique et l'engagement social. Cette impulsion de la condition
de la femme n'aurait pu se faire sans une volonté politique
affirmée par l'Etat visant une promotion effective des femmes.
Un certain nombres de mesures destinées à concrétiser
cette volonté ont été prises dans tous
les domaines. Au niveau politique et institutionnel, on peut citer
la création en 1992 d'un Secrétariat d'État
à la Condition féminine; la formulation d'une stratégie
nationale pour la Promotion féminine en 1995, réactualisée
en 2002, l'adoption par l'Assemblée Nationale,
en 2002 d'une loi qui rend obligatoire l'enseignement des enfants,
y compris celui des filles de 6 à 14 ans, la ratification
par la Mauritanie de certaines conventions internationales dont
la CEDEF et la CDE (Convention sur les Droits des Enfants); l'adoption
en 2001 d'un Code du Statut Personnel offrant aux femmes de
nombreuses opportunités d'émancipation, et l'émergence
d'une société civile en plein développement,
dans laquelle les femmes occupent une place de choix.
Au niveau éducatif, la Mauritanie a réussi
au cours des dernières années à relever de
manière considérable son taux brut de scolarisation
au niveau du cycle primaire et à réduire dans des
proportions remarquables l'écart de scolarisation entre les
filles et les garçons pour ce niveau d'enseignement. Ainsi,
en 2000, la proportion des filles dans l'enseignement primaire a
atteint 48 % (soit un ratio filles/garçons de 0,92 ;
en 1990, ce ratio était de seulement 0,72) ce qui correspond
à un taux brut de scolarisation dans le primaire de 82,2 %
pour les filles et de 86,2 % pour les garçons, soit
une différence de seulement quatre points entre les deux
sexes. De plus, cet écart n'a cessé de se réduire
au cours des dernières années. En termes d'alphabétisation,
en 1988, seulement 31 % des femmes étaient alphabétisées,
contre 47 % des hommes. En 2000, le niveau d'alphabétisation
s'est amélioré et l'écart s'est réduit :
52% des femmes sont alphabétisées contre 63 %
pour les hommes. Le faible niveau d'alphabétisation influence
l'accès aux média et donc à la connaissance.
Selon l'EDSM 2000-01, 60% des femmes n'ont accès à
aucun média, contre 41% parmi les hommes.
Au niveau de la santé, et selon la même
source, les femmes constituent le groupe le plus vulnérable
avec un taux de mortalité maternelle de 747 pour 100,000
naissances vivantes. Une femme sur deux se marie avant l'âge
de 16 ans (âge médian), alors que un homme sur deux
se marie avant 27 ans, et 31% de ces premiers mariages finissent
par un divorce. Un femme sur quatre (24%) n'a jamais entendu parler
du VIH/ Sida et seulement 33% des femmes connaissent un moyen pour
l'éviter, contre 64% parmi les hommes. Trois femmes sur quatre
(71%) ont été excisées et une femme sur cinq
(22%) a subi la pratique du gavage. Deux femmes sur trois (67%)
connaissent des méthodes modernes de contraception, mais
seulement 5% les utilisent.
Au niveau de l'activité économique,
on estime que la proportion de femmes dans la population occupée
de manière générale est passée de 24 %
en 1988 à 36 % en 2000. Cette progression s'est traduite
dans l'évolution de la structure des emplois dans la fonction
publique (21 % de femmes en 1997 contre 24 % en 2000.)
Selon l'Enquête Permanente sur les Conditions de vie des Ménages
(EPCV 2000), le taux d'activité des femmes est de 43 %
et le taux de chômage féminin est de 34 % alors
qu'il n'est que de 26 % pour les hommes. Le travail de la femme
n'est généralement pas rémunéré
(24% des femmes qui travaillent gagnent de l'argent, contre 70%
pour les hommes), selon l'EDSM 2000-01.
La situation des femmes s'améliore aussi
en ce qui concerne l'implication dans la vie publique. Ainsi, en
2003, environ 20 % des membres du gouvernement, étaient
des femmes : 4 femmes ministres sur un total de vingt et un
membres du gouvernement. Le nombre de femmes parlementaires a également
augmenté. Alors qu'on ne comptait aucune femme parlementaire
en 1992, et seulement une femme députée en 1996, on
dénombrait en 2002 six femmes parlementaires (trois députés
et trois sénateurs), ce qui correspond à un taux de
5 % de sièges parlementaires occupés par une
femme. En outre, une femme est présidente d'un parti politique
sur un total de vingt six. Actuellement, cent fauteuils de conseillers
municipaux sont détenus par des femmes (soit 3 % des
sièges.) Cependant, on observe qu'au niveau des postes de
responsabilité dans la fonction publique (personnel d'encadrement),
seuls 7 % des postes sont occupés par des femmes contre
93 % pour les hommes.
Comme le montrent les indicateurs, force est de
constater que malgré les efforts consentis dans tous les
domaines, des écarts importants en terme de rôles,
de participation et de prise en compte des besoins, persistent entre
les hommes et les femmes, d'où la nécessité
de la mise en place effective d'une approche genre qui prend en
compte les besoins différentiés des hommes et des
femmes. Le processus d'intégration de cette approche genre
en Mauritanie a été engagé depuis 1998, à
travers la formation d'un groupe de cadres nationaux représentant
l'Administration et la société civile. Cette activité
conduite sous l'égide du Secrétariat d'Etat à
la Condition Féminine (SECF) et avec l'appui technique et
financier du FNUAP et le soutien des Agences du SNU, a abouti à
l'élaboration de stratégies opérationnelles
d'intégration de l'approche genre et à la création
d'une structure nationale, dénommée « Groupe
de suivi genre ».
Au vu des progrès enregistrés et
dans la perspective de réaliser l'objectif de l'UNDAF, le
Système des Nations Unies (SNU) appuie les efforts du Gouvernement
en vue d'atteindre l'objectif d'équité entre les genres,
et ce à travers les axes d'intervention suivants :
-
Veiller à l'intégration de
l'approche genre dans la définition et la mise en ouvre
des politiques de développement : appui au Groupe
de Suivi Genre, la diffusion des indicateurs genre issus de
l'EDSMet é,
-
Contribuer à la réduction
de l'extrême pauvreté des familles: promotion de
l'emploi des femmes et de leur accès aux micro-crédits,
exemple des NISSA banques ;
-
Favoriser l'accès des filles aux
niveaux d'instruction secondaire et supérieur :
promotion de l'éducation des filles dans le cadre du
Projet Conjoint pour l'Education des adolescentes, financé
par la Fondation des Nations Unies (UNF)
-
Lutter contre certaines pratiques traditionnelles
néfastes (excision, violences, gavage, etc.): financement
d'une une campagne de sensibilisation contre les Mutilations
Génitales Féminines (MGF) et plaidoyer en
vue de lutter contre les violences envers les femmes ;
-
Favoriser la connaissance par les femmes
de leurs droits et leurs devoirs et renforcer la mise en
place d'une justice de proximité à travers la
réalisation de campagnes de vulgarisation du code du
statut personnel et la mise en place des cellules d'assistance
juridiques.
Pour assurer une bonne coordination de cet appui,
le SNU a mis en place un groupe thématique de concertation
sur le genre qui regroupe des représentants des différentes
agences.
UNFPA |
PAM |
| PNUD |
Banque Mondiale |
| OMS |
UNICEF |
| FAO |
AFD (Agence Française de Développement) |
| |
Group de suivi Genre (SECF) |
Références :
-
Agences du groupe Développement des
Nations Unies en Mauritanie (2002), Rapport sur les progrès
de la Mise en Ouvre des Objectifs du Millénaire pour
le développement en Mauritanie, Nouakchott, Mauritanie
.
-
Office National de la Statistique. 2003.
Volume des Résultats du Recensement Général
de la Population et de l'Habitat (RGPH- 2000), Nouakchott, Mauritanie
.
-
Office National de la Statistique et ORC
Macro. 2001. Enquête Démographique et de Santé
de Mauritanie (EDSM- 2000-01), rapport Principal ; Maryland,
USA .
-
Office National de la Statistique. 2002.
Enquête Permanente sur les Conditions de Vie des ménages
(EPCV 2000., Profil de pauvreté en Mauritanie, Nouakchott,
Mauritanie.
-
Secrétariat d'Etat à la Condition
Féminine (Groupe de Suivi genre/ SECF), UNFPA et ORC
Macro. 2003. Indicateurs de Genre en Mauritanie , Maryland,
USA .
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