5ème
Programme de Coopération avec le Gouvernement
En 2000, la population mauritanienne avait été
estimée à 2,6 millions. Le PIB par tête d’habitant
s’élevait à 380 dollars et la moitié
de la population vivait avec moins de 1 dollar par jour. La déclaration
relative à la politique en matière de population
qui a été adoptée en 1995 donne la priorité
à la lutte contre la pauvreté; le Document de stratégie
pour la réduction de la pauvreté qui a été
élaboré en 2000-2001 vise à réduire
de moitié la pauvreté d’ici à 2015.
Les indicateurs sanitaires et sociaux sont généralement
médiocres. Le taux de mortalité maternelle est élevé,
soit 747 décès pour 100 000 naissances vivantes.
Ce résultat est en partie imputable au manque de soins
obstétriques d’urgence. Dans le domaine de la planification
familiale, le pourcentage de besoins non satisfaits est de 31,6
%. Soixante et onze pour cent des femmes âgées de
15 à 49 ans ont été excisées. Trente
pour cent seulement des femmes sont alphabétisées,
contre 50 % des hommes. La prévalence du VIH/sida est encore
peu élevée et 0,52 % seulement des femmes enceintes
sont séropositives. Toutefois, le taux de donneurs de sang
séropositifs est passé de 0,4 % en 1997 à
1,7 % en 2000.
3. Le 4ème programme de pays initialement approuvé
pour la période 1998-2001 a été prolongé
d’une année avec un budget de 7 millions de dollars,
dont 4 prélevés des ressources ordinaires du FNUAP.
Sur les 3 millions de dollars prévus sur des fonds multibilatéraux,
2,05 ont été mobilisés auprès de la
Banque mondiale pour l’exécution du recensement et
environ 150.000 auprès de AGFUND, de la Fondation Bill
Gates et de la Fondation Turner pour la santé de la reproduction
(SR).
4. En matière de SR le quatrième programme a notamment
contribué à l’adoption officielle du Programme
national de santé de la reproduction (PNSR), sa mise en
œuvre et sa reconnaissance, par les autres partenaires,
comme cadre de référence à toutes les activités
de SR, y compris la maternité à moindre risque.
L’approvisionnement en contraceptifs d’abord sur financement
du FNUAP puis, par le FNUAP, sur fonds de la Banque Mondiale a
été assuré pour l’ensemble du pays.
Les formations en gestion, en formation de formateur, en techniques
de prestations, ont contribué au renforcement des capacités
nationales ainsi que la coopération sud/sud, en particulier
avec la Tunisie. Les bases de l’amélioration de la
qualité des soins par le renforcement du partenariat entre
prestataires et clients ont été jetées. Des
domaines jugés tabous sont débattus et font désormais
l’objet d’une plus grande attention : pratiques néfastes
telles que les MGF, mariages précoces, SR des jeunes et
adolescents, VIH/SIDA.
5. En matière de stratégies de population et développement
(SPD) le quatrième programme a contribué à
l’actualisation et à la sensibilisation des élus
locaux à la DPP. Il a permis une meilleure connaissance
des caractéristiques socio-démographiques de la
population par la réalisation du 3ème recensement
de la population et de l’habitat (RGPH) ainsi que de la
première l’enquête démographique et
de santé (EDS), deux opérations qui ont bénéficié
d’un plaidoyer pour la mobilisation de fonds développé
par le FNUAP et d’une forte assistance technique de l’EAT/Dakar
en ce qui concerne le recensement. L’état civil a
connu une avancée significative. Une stratégie d’institutionnalisation
de l’éducation en matière de population/éducation
à la vie familiale (EmP/EVF) dans le système scolaire
a été élaborée et sa généralisation
dans l’ensemble des établissements secondaires du
pays a été préparée. Un partenariat
de longue durée a été institué avec
les associations de jeunes, en particulier les réseaux
de pairs éducateurs promouvant l’échange d’informations
en SR. Trois plans directeurs IEC/plaidoyer en matière
de santé, de population et développement et de mise
en œuvre de la Stratégie nationale de promotion féminine
(SNPF) ont été élaborés. L’approche
multi-sectorielle d’intégration de la dimension genre
dans les programmes de développement a bénéficiée
de la formation continue des membres du Groupe de suivi inter-ministériel
genre (GSG), ainsi que de la ratification de la CEDEF et de l’adoption
du Code du statut personnel (CSP) qui stipule notamment l’âge
légal au mariage.
6. Parmi les principales leçons tirées du quatrième
programme, on peut retenir : l’appui au PNSR dans une approche
sectorielle de la santé contribue à un développement
harmonieux de l’ensemble du système de santé.
Le recours à la coopération Sud/Sud permet une meilleure
adaptation de la formation aux besoins identifiés. La décentralisation
des activités devrait améliorer leur suivi, la prise
en compte des besoins et l’implication des populations rurales;
à cet effet elle nécessite une concentration sur
une aire géographique restreinte. Les capacités
institutionnelles et techniques nécessitent un renforcement
particulièrement à travers le développement
de mécanismes et d’outils de coordination et de suivi
des programmes aux niveaux central et régional (base de
données désagrégée par sexe, âge
et région). Le positionnement commun des agences du SNU
contribue au développement de stratégies efficaces
de plaidoyer (VIH-Sida, MGF, SR jeunes, scolarisation des filles).
Le décalage entre le niveau de connaissance et certaines
pratiques nécessite d’intensifier les activités
de plaidoyer en insistant sur l’implication des communautés
dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies
IEC.
Le but du programme est de contribuer à l’atteinte
des objectifs nationaux de développement du Gouvernement,
à savoir la réduction de la pauvreté et l’amélioration
sensible et durable de la qualité de la vie.
7. A l’évaluation des besoins en population du pays
(ONEP) a été substituée une coopération
active aux processus du Bilan commun des pays (CCA) et du Plan
Cadre d’assistance du système des Nations Unies (UNDAF).
Des analyses causales ont été élaborées
pour le CCA par l’ensemble des agences du SNU à partir
de l’identification des contraintes principales au développement
de la Mauritanie, et dans ce contexte les besoins critiques pertinents
au mandat du FNUAP définis. L’UNDAF a retenu quatre
domaines d’intervention dont trois pertinents pour le mandat
du FNUAP : mortalité maternelle et infanto-juvénile,
gouvernance et droits de l’homme et éducation / formation,
ainsi que trois thèmes transversaux : genre, VIH Sida et
besoins spécifiques des jeunes. Le programme a une couverture
nationale en ce qui concerne le renforcement des capacités
de gestion, coordination, généralisation de l’EmP/EVF,
systèmes d’information et fourniture de contraceptifs.
Dans ses aspects opérationnels le programme cible trois
régions qui appartiennent aux zones prioritaires retenues
par l’UNDAF et le CSLP en raison de l’incidence élevée
de la pauvreté et de la faiblesse de leur couverture en
services sociaux essentiels: les willayas du Gorgol et de l’Assaba
et trois moughataas de la willaya de Nouakchott (Arafat, Dar Naïm
et Sebkha). Ces régions concernent 30 % de la population.
8. L’objet du programme est triple. Il contribuera à
: (i) améliorer l’utilisation de services de SR de
qualité, notamment à travers l’accès
à l’information des différents groupes-cibles
dans les zones d’intervention du programme (ii) favoriser
une prise en compte effective des questions de population dans
les politiques sectorielles, les stratégies de développement,
en tenant compte de la dimension genre et des besoins régionaux
(iii) réduire les inégalités entre les rôles
sociaux des hommes et des femmes.
| DOMAINES |
RESSOURCES REGULIERES
(millions $EU) |
AUTRES SOURCES
(millions $EU) |
TOTAL
(millions $EU) |
| Santé de la reproduction |
3.4 |
2.0 |
5.4 |
| Population et développement |
3.2 |
1.0 |
4.2 |
| Activités multi-sectorielles |
0.6 |
|
0.6 |
| TOTAL |
7.2 |
3.0 |
10.2 |