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Fistule en Afrique de l’Ouest et du Centre, Mme Marième Fadel Dah parmi les Premières Dames lancées au front

La table-ronde virtuelle sur l’élimination de la fistule obstétricale en Afrique de l’Ouest et du Centre, tenue à Niamey mardi 23 mars 2021 a été bien suivie en Mauritanie. La Ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), Mme Nahah Mint Haroune Ould Cheikh Sidya, sa Secrétaire générale ainsi que le staff du ministère de la Santé se sont bien mobilisés pour suivre en direct à Nouakchott, le discours de la Première Dame, Mme Marième Fadel Dah. C’était en présence du Représentant résident en Mauritanie du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), SEM. Saidou Kaboré et ses collaborateurs.

 

« Je ne connaissais pas l’ampleur de ce phénomène » : Dans son discours, Mme Ghazouani a confessé son ignorance de la fistule et de son ampleur avant l’invitation que lui a adressée Mme Issoufou. « C’est en me documentant pour cette réunion que j’en ai saisi la gravité et la souffrance sous-jacente. J’en avais presque les larmes aux yeux. Et pourtant, ce n’est pas difficile à prévenir » a-t-elle reconnu. Elle a ainsi bien compris que la « fistule obstétricale est un problème majeur de santé publique et un drame social pour les victimes qui sont principalement les filles et les femmes les plus vulnérables, démunies, vivant dans les localités les plus enclavées, avec un accès très limité à des services de santé de qualité ». Abordant l’ampleur du problème en Mauritanie et les défis auxquels le pays fait face, elle a cité parmi les causes, « la croissance démographique et le faible accès aux services de santé de la reproduction (SR) et de la planification familiale ».

Elle a énuméré parmi les facteurs aggravants, la prévalence élevée du mariage précoce, les besoins non satisfaits en planification familiale, les grossesses précoces, les mutilations génitales féminines (MGF) et le bas niveau de l’éducation des filles.

Parmi les acquis réalisés par la Mauritanie pour relever ces défis, elle a évoqué la campagne nationale de 2013 et les actions entreprises depuis lors pour lutter contre la fistule obstétricale. De ces actions, elle a cité la Stratégie nationale d’élimination de la fistule 2020-2025, l’adoption d’une fatwa par les chefs religieux contre les MGF et la création à Nouakchott d’un centre régional d’excellence pour le Mentorat clinique des sages-femmes. Ce centre va contribuer, selon elle, à renforcer la formation continue et favoriser l’offre de service en santé reproductive de qualité. Elle a aussi mentionné le renforcement de la prise en charge chirurgicale de la fistule qui a profité à 635 femmes. Mais aussi, l’introduction de la fistule dans les maladies indigentes avec l’accès gratuit de la prise en charge, y inclus la réinsertion socio-économique des femmes guéries de la fistule.

Mme Marième Fadel Dah reconnaît que la fistule reste cependant un défi en Mauritanie. « Chaque année, un nombre de 150 à 300 femmes viennent accroître le nombre de porteuses de fistule obstétricale avec un GAP cumulé de 2.700 à 5.400 cas entre 2003 et 2021 » a-t-elle illustré. Plus précisément, elle a souligné que « chaque semaine, 16 femmes meurent à l’accouchement en donnant la vie (583 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes) ».

Selon Mme Marième Fadel Dah, la persistance des défis oblige que tous soient « engagés aux côtés de nos gouvernements et du Fonds des Nations Unies pour la Population et les autres partenaires pour la mise en œuvre de la stratégie nationale d’élimination de la fistule obstétricale ».

Un plateau relevé à Niamey : La table-ronde pour l’élimination de la fistule qui s’est tenue à partir de Niamey a été marquée par des échanges de discours entre la Première Dame du Niger, Dr. Lalla Malika Issoufou, le Ministre nigérien de la Santé, la Coordinatrice du Système des Nations Unies au Niger et le Directeur Régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le fait le plus marquant fut l’intervention par visioconférence des Premières Dames du Burkina Faso, de la Gambie, des Iles Comores, de la Mauritanie, du Tchad et de la Sierra Leone.

Plusieurs communications ont été par la suite présentées, notamment la Stratégie régionale pour l’élimination de la fistule obstétricale, les Perspectives de la CEDEAO et de la CEAC en matière de lutte contre la fistule obstétricale, celles de l’OMS et de l’ONU Femme.

La table-ronde s’est achevée par la présentation du dossier d’investissement et de la gouvernance du partenariat suivie d’une interaction avec les partenaires pour un engagement opérationnel.

A noter que la table-ronde avait pour objectifs le renforcement du plaidoyer et la mobilisation des ressources à travers l’élargissement des partenaires, afin d’assurer la mise en œuvre plus efficace du Plan régional d’élimination de la fistule obstétricale en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec comme cible Zéro fistule en 2030.

Pour le Directeur régional de l’UNFPA en Afrique de l’Ouest et du Centre, M. Mabingué NGom, la table-ronde permettra de remobiliser les acteurs, aussi bien les Etats membres, les partenaires techniques et financiers que la société civile pour accompagner le Plan régional de lutte contre la fistule obstétricale pour la période 2019-2030.

Il faut rappeler que la fistule obstétricale fait souffrir plus de deux millions de femmes, dont plus de la moitié vivent en Afrique de l’Ouest et du Centre. Malgré la mobilisation des Etats et des partenaires, les progrès restent lents dans ces deux régions, selon les experts.